Jeudi 7 avril 4 07 /04 /Avr 22:14

 

 

 

INTRODUCTION

 

 

 

L'éducation reste le moteur de toute problématique de développement dans un pays. Les effets bénéfiques et vertueux que peuvent apporter une politique éducative forte et structurée dans l'innovation technologique, dans la productivité du travail et dans la réduction de la pauvreté ne sont plus à démontrer.

 

Au Congo, l'éducation constitue l'un des secteurs prioritaires d'investissement pour le gouvernement, bien des efforts accomplis restent insuffisants et non efficients. On compte le Congo parmi le groupe des pays les plus scolarisés en Afrique. Mais, malgré un taux de scolarisation particulièrement élevé, le Congo a encore du mal à garantir un bon niveau de performances éducatives à l'ensemble de sa population.

 

Ces dernières années, on a souligné au Congo une désaffection de l'école avec une baisse massive des effectifs dont les causes sont à rechercher non seulement dans les troubles socio-politiques que le pays a connu au cours des années 1990-2000 et le chômage des diplômés mais aussi dans la crise économique et financière qui a entrainée l'application des programmes d'ajustement structurels conclus avec les institutions de Bretton Woods.

 

L'éducation congolaise est en crise et les problèmes auxquels elle fait face sont aussi nombreux que variés. Mais malheureusement ce constat abouti au même diagnostic qui semble indiqué que les solutions à cette crise nécessitent la mis en place dans la plupart des cas encore plus des moyens humains, matériels et financiers. Cela dit, nous partirons d'une description du système éducatif congolais (1), ensuite nous ferons un diagnostic détaillé de ce système (2) pour expliquer l'ensemble des politiques de l'éducation congolaise.

 

 

 

1- DESCRIPTION DU SYSTÈME ÉDUCATIF

 

La dernière décennie du 20è siècle a été pour la République du Congo une période trouble notamment à cause des guerres civiles qu'il a connu, ce qui a entrainé pour ce pays des difficultés importantes. Ces difficultés ont concernées aussi bien la sphère macroéconomique que socio-politique. Dans ce contexte, l'éducation n'a pas été épargnée. Les effectifs scolarisés ont connu une chute de manière considérable.

 

Depuis, le pays a retrouvé progressivement une stabilité politique, et son système éducatif a bien récupéré et retrouvé une dynamique quantitative forte. Des questions restent toutefois posées et cela principalement pour la raison suivante: les financements publics dans le secteur de l'éducation n'ont pas progressé au cours des dernières années et se situent à un niveau très bas en termes de comparaisons avec d'autres pays africains ou même avec les financements antérieurs du pays d'avant l'avènement de la démocratie en début des années 1990, si bien qu'on souligne des difficultés importantes dans le fonctionnement des services éducatifs.

 

Dans ce chapitre, il s'agit d'abord de présenter le cadre juridique dans lequel s'appliquent les politiques éducatives en République du Congo et ensuite nous présenterons de manière globale l'organisation, la structure, la gestion et le financement du système éducatif congolais.

 

 

 

a) Le cadre juridique du système éducatif congolais

 

Le système éducatif en République du Congo a évolué notamment avec les deux lois qui ont été promulguées au cours de la décennie 1990-2000. Il s'agit de la loi n°008/90 du 6 septembre 1990 et celle n° 25/95 du 17 novembre 1995 modifiant la précédente et portant réorganisation du système éducatif dans ce pays. Compte tenu du développement de l'enseignement et de la nécessité de prendre en considération la valorisation de certains aspects de l'éducation qui n'ont pas été intégrés dans la loi de 1990, la nouvelle loi s'est avérée primordiale pour consolider un système éducatif viable.

 

Le système éducatif congolais est donc régi par la loi 25/95 du 17 novembre 1995 modifiant la loi scolaire 008/90 de septembre 1990 et portant réorganisation du système éducatif en République du Congo. Cette loi dispose dans ses trois premiers articles que:

 

 

 

« Toute personne a droit à l’éducation. Tout l’enseignement est placé sous la surveillance et le contrôle pédagogique de l'État . L'État veille à l’égal accès à l’enseignement et à la formation professionnelle. L’enseignement public est gratuit. L’enseignement fondamental est obligatoire. Le droit de créer des écoles privées est garanti. Les écoles privées sont soumises à l’approbation de l'État »

 

« Tout enfant vivant sur le territoire de la République du Congo a droit, sans distinction d’origine, de nationalité, de sexe , de croyance, d’opinion ou de fortune à une éducation qui lui assure le plein développement de ses aptitudes intellectuelles, artistiques, orales, physiques et morales ainsi que sa formation civique et professionnelle »

 

« la scolarité est obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans pour tout enfant dans les conditions fixées à l’article 1»

 

 

 

 

 

Cette loi marque la consécration de la norme de l'éducation pour tous en République du Congo dans son chapitre 2 du titre 4. L'éducation doit être également dispensée sous forme de cours de rattrapage dans les centres liés à des projets spécifiques, des ateliers des centres d'apprentissage et les cercles culturels. Pour lutter contre l'analphabétisme, les individus, les entreprises, les associations, les organisations non-gouvernementales et les confessions religieuses sont autorisés d'ouvrir les centres d'alphabétisation.

 

La loi de novembre 1995 portant réorganisation du système éducatif en République du Congo a été complétée par quelques textes d'application. Il s'agit notamment du décret n°96-174 du 15 avril 1996 fixant les normes applicables à l'école et du décret n°96-221 du 13 mai 1996 portant réglementation de l'exercice privé de l'enseignement et des arrêtés portant entre autres sur l'organisation et le fonctionnement du conseil d'administration des établissements scolaires.

 

En somme, les aspects fondamentaux du cadre juridique du système éducatif congolais portent sur les points suivants:

 

- le cycle obligatoire réduit à huit ans dans la loi de 1990 revient à dix ans. La scolarité est par conséquent obligatoire jusqu’à 16 ans pour tout enfant vivant en République du Congo ;

 

- la création des écoles privées est garantie mais soumise à l’approbation de l'État ;

 

- le caractère civil des activités d’enseignement est reconnu ;

 

- la composante du système éducatif non formel est clairement définie avec la prise en compte de l’éducation pour tous.

 

 

 

 

 

b) Organisation du système éducatif congolais

 

En République du Congo, l'organisation du système éducatif a connu plusieurs bouleversements dans la décennie 1990-2000. Les ministères en charge de la gestion de l'éducation ont été maintes fois fusionnés ou scindés en deux ou trois départements. En effet, après avoir été gérée par deux ministères pendant la plus grande partie de la transition politique entre 1997 et 2002, le système éducatif congolais est de nouveau pris en charge par trois ministère au terme du décret n° 2002-341 du 18 août 2002. En effet, il s’agit maintenant du ministère de l’enseignement primaire et secondaire chargé de l’alphabétisation, du ministère de l’enseignement technique et professionnel et du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Ces trois ministères disposent chacun de directions générales et centrales. Les deux premiers comptent en plus des directions régionales qui coordonnent l’action administrative et pédagogique au niveau intermédiaire.

 

 

 

  1. Structure du système éducatif congolais

 

Cinquante ans après son indépendance et ce, malgré les multiples gouvernements qui se sont succédés aux commandes de la nation, la République du Congo n'aura pas réussi à dégager son système éducatif de l'influence du système français. La structure du système éducatif congolais est restée globalement la même depuis 1990.

 

Le système éducatif congolais comprend deux composantes : le système éducatif formel et le système éducatif non formel. Il est structuré en quatre degrés dénommés comme suit : l’éducation préscolaire non obligatoire de trois ans qui admet les enfants âgés de 3 à 5 ans dans les centres d’éducation préscolaire ; l’enseignement primaire de 6 ans assuré par les écoles primaires pour des enfants de 6 à 12 ans et sanctionné par un certificat d’études primaires élémentaires(C.E.P.E). Ce diplôme permet le passage au premier cycle du secondaire après l’admission au concours d’entrée en 6éme.

 

L’enseignement secondaire est assuré par les centres de métiers, les établissements d’enseignement secondaire général, les établissements d’enseignement secondaire technique et les établissements d’enseignement secondaire professionnel. L’enseignement secondaire de 6 ou 7 ans est subdivisé en deux cycles : le premier de quatre ans et le deuxième de deux ou trois ans. le premier cycle du secondaire qui admet les enfants âgés de 13 à 16 ans est sanctionné par le brevet d’études du premier cycle (BEPC), ou le brevet d’études techniques (BET) ou par tout autre diplôme professionnel équivalent ; le second cycle du secondaire qui accueille les enfants âgés de 17 à 19 ans est sanctionné par le baccalauréat ou par un diplôme professionnel.

 

L’enseignement supérieur est concentré dans l'unique université publique du pays à savoir l’Université Marien NGOUABI qui compte onze établissements parmi lesquels : cinq facultés, trois écoles et trois instituts. Il existe un cycle de doctorat à la faculté des sciences économiques, à la faculté des sciences de la santé, à la faculté des sciences et à l’école normale supérieure. De même, il a été créé un diplôme d’études approfondies(DEA) en sciences économiques, et en didactique ainsi qu’un certificat d’études spécialisées en sciences de la santé. Cependant, une tentative de délocalisation de certains établissements qui se trouvent à l'université Marien NGOUABI n'a pas abouti faute de volonté politique et surtout des moyens financiers.

 

La structure du système éducatif congolais qui reste dans son ensemble plutôt satisfaisante présente une réalité toute autre. Le cycle préscolaire, non gratuit reste peu développé et ne profite qu’à certaines familles urbaines, sans bénéfice pour une égalisation de chances ; les filières techniques sont relativement délaissées et sont à équiper pour qu’elles jouent pleinement leur rôle ; les centres de métiers à l’issue du primaire sont inopérants et les filières professionnelles n’intègrent pas les préoccupations des opérateurs économiques ; l’enseignement supérieur privilégie les disciplines littéraires et n’offre pas assez de filières technologiques courtes pour former des techniciens supérieurs. Toutefois, une initiative a pris corps à l’école normale supérieure polytechnique par la mise sur le marché des produits qui sortent avec un diplôme universitaire de technologie (DUT).

 

 

 

  1. La gestion de l'éducation

 

En République du Congo, l'administration centrale et les services extérieurs sont en charge de la gestion du système éducatif. Malgré quelques prérogatives accordées par les textes aux directeurs régionaux de l'enseignement, notamment dans l'action pédagogique et la répartition du personnel mis à leur disposition, l'organisation administrative, financière et pédagogique au Congo reste essentiellement centralisée. Du fait que tout se décide au niveau de l'administration centrale les conséquences se ressentent au niveau de la répartition du personnel. Car on note un grand décalage entre les grands centres urbains comme Brazzaville ou Pointe-noire et les centres ruraux.

 

A cause de ce dysfonctionnement du système, il y a eu des travaux qui ont été menés entre 1992 et 1993 afin de permettre un redéploiement équitable des effectifs à l'échelle nationale. Et ces travaux ont abouti à un programme de restructuration et d'organisation du ministère de l'éducation nationale. Ce programme avait pour but:

 

 

 

- De rationaliser l’action administrative par le plein emploi des agents détenteurs d’une qualification sanctionnée par un grade reconnu pour la gestion du système scolaire ;

- De supprimer tous les emplois redondants créés dans les structures administratives du ministère, pour servir de base d’expansion aux structures scolaires délaissées ;

- De redistribuer l’ensemble des tâches du ministère en fonction d’objectifs précis assignés à chaque direction, désormais dotée d’emplois clairement identifiés considérés comme autant de moyens nécessaires et suffisants à l’atteinte des objectifs en cause ;

- D’offrir, grâce à une gestion réelle et performante du système scolaire, une réponse cohérente à la demande d’éducation conforme à la déontologie du service public.

 

Ce nouveau programme avait permis de recenser et d’identifier tous les personnels, de dresser une liste des tâches et des fonctions assurées et enfin il a permis de faire l’état des lieux occupés. De nombreuses mesures avaient été mises en œuvre pour assurer le redéploiement de plusieurs enseignants avec leur accord. Mais malheureusement ce programme n’a pu être complètement exécuté pour diverses raisons dont trois principales, du moins officiellement : la difficulté à assurer le règlement de la situation administrative des intéressés (régularisation des avancements et reclassements), le manque de crédits pour assurer le transport et le déménagement des enseignants ‘’ redéployés ’’ et enfin le manque de postes pour les accueillir ces enseignants dans les établissements scolaires, en l’absence de nouvelles constructions des structures

 

 

 

e) Le financement de l'éducation au Congo

 

Le financement du système éducatif au Congo est assuré par l'État, les parents d'élèves, les promoteurs des établissements privés, les ONG, certains organismes financiers nationaux et internationaux et les collectivités locales. Mais l'État reste de loin la plus grande source de financement de l'éducation surtout en termes de dépenses capitales s'agissant de la construction ou la rénovation des bâtiments et l'achat des équipements scolaires.Bien que la loi scolaire n° 25-95 du 17 novembre stipule en son article premierque l’enseignement public est gratuit . L’apport financier des parents couvre aussi bien les dépenses de fonctionnement des établissements scolaires, des administrations scolaires locales, la rémunération (prime) des enseignants bénévoles que les dépenses d’investissement avec la construction des salles de classe, l’achat des tables-bancs etc. Depuis la libéralisation de l’enseignement en 1990, de nombreux établissements scolaires privés ont été créés. Les ressources servant au fonctionnement de ces établissements proviennent des frais de scolarité versés par les parents. Ces frais sont fixés par les promoteurs et varient d’un établissement à un autre.

 

 

 

2- DIAGNOSTIC DU SYSTÈME ÉDUCATIF AU CONGO

 

a) L'éducation formelle

 

Comme nous venons de le souligner au début de notre travail, le Congo est un pays qui a un taux de scolarité très élevé en Afrique. Surtout dans les années 1980 il avait atteint les objectifs de la scolarisation universelle fixés par la conférence d'Addis-Abeba en 1960. A cause des évènements socio-politiques que ce pays a connu, ces acquis quantitatifs ont été mis en cause notamment avec la baisse des effectifs dans l'enseignement primaire surtout chez les filles. Le système éducatif congolais a été sérieusement endommagé dans son ensemble, mais suite à la stabilité politique on assiste depuis le début de la décennie 2000-2010 à un engouement des parents d'envoyer leurs enfants à l'école, et ce malgré l'extrême pauvreté dans laquelle vivent la majorité d'entre eux. Le fonctionnement de l'éducation congolaise qui bénéficie d’un partenariat avec les associations des parents d’élèves est à repenser et sa qualité doit être améliorée.

 

La petite enfance est prise en charge dans les crèches pour les enfants de 0 à 3 ans, les garderies d’enfants ou les écoles maternelles publiques et privées pour les enfants de 3 à 5 ans. Les crèches existent exclusivement dans les deux grandes villes du Congo (Brazzaville et Pointe-Noire). Leur nombre est très insignifiant pour créer un quelconque impact dans l’environnement de la petite enfance. L’éducation préscolaire pour les enfants de 3 à 5 ans constitue le premier niveau du système éducatif. Son objectif est de contribuer au plein épanouissement physique, intellectuel et affectif des enfants et de les préparer à s’adapter dans les meilleures conditions à l’enseignement primaire. Son accès est conditionné par le paiement des frais scolaires qui ne sont pas souvent à la portée de toutes les familles. Cette situation explique certainement le développement très lent de cet enseignement car la majorité des enfants au Congo n'y ont pas accès. La quasi-totalité de ces centres existent seulement dans les grandes villes illustrant ainsi la forte disparité entre la zone urbaine et la zone rurale où l’on ne compte parfois qu’un seul centre d’éducation préscolaire installé au chef-lieu de la région. Il importe de noter aussi que l'éducation préscolaire qui prépare les enfants à l'enseignement primaire n'est pas ancrée dans la mentalité de beaucoup des congolais surtout dans des zones rurales. Cela s'explique surtout par plusieurs causes dont une faible couverture des crèches et de l'éducation préscolaire sur l'ensemble du territorial national; une approche élitiste qui se traduit par de grandes disparités entre riche et pauvre d'une part et entre zones urbaines et rurales d'autre part; à cela il faut ajouter une insuffisance des ressources allouées à l'éducation préscolaire. Sur le plan de la qualité il faut noter entre autres handicape la vétusté des structures d'accueil qui sont généralement mal équipées avec un personnel moins qualifié engendrant une influence négative sur la qualité de l'encadrement et un manque de coordination des interventions des structures étatiques chargées de la petite enfance.

 

L'enseignement primaire au Congo a vu une baisse de ses effectifs lors des évènements socio-politiques que ce pays a connu. Sur le plan de la qualité l'enseignement primaire ne diffère pas de l'enseignement préscolaire avec dans l'ensemble gangrené par les mêmes maux. A la seule différence qu'on retrouve plus d'écoles primaires publiques en zone rurale qu'en zone urbaine ce qui est contraire s'agissant des écoles primaires privées où la forte concentration est plutôt en zone urbaine. L'enseignement primaire en milieu rural comme en milieu urbain reste insuffisante pour différentes raisons. Cette insuffisance s'explique dans les villes par le manque de salles de classe avec un nombre très élevé des élèves; souvent on trouve plus de cent élèves dans une salle pour un seul enseignement. En milieu rural, on assiste de plus en plus à la fermeture de certaines écoles faute de personnels enseignants qualifiés ce qui a pour conséquence l'éloignement des écoles des lieux d'habitation entrainant pour des enfants de longues distances à parcourir, ce fait limite du même coup l'accès des écoles à tous les enfants.

 

Dans l'enseignement secondaire du premier cycle on retrouve les même maux comme dans l'ensemble du système éducatif congolais à savoir le déficit en personnel enseignant surtout dans les disciplines scientifiques; les enseignants ne bénéficient d'aucun recyclage depuis plusieurs années; le manque de mobilité du personnel d'encadrement pédagogique dû au manque de moyen rapide de déplacement; et comme toujours la vétusté des établissements qui manquent quasiment de tout, du matériel didactique au mobilier d'équipement; on note aussi la création de certains collèges au mépris des lois en vigueur. En zone rurale, cette situation est surtout due à la pression sociale des populations d'un village qui cherche à marquer son autonomie par rapport à un autre village.

 

L'enseignement secondaire du second cycle en République du Congo a pour but la poursuite des études supérieures d'après la loi du 17 novembre 1995. Les filles représentent en moyenne quarante pour cent des effectifs total à ce niveau. Au Congo on dénombre environs vingt huit lycées publics dans tout le territoire. Dans une ville comme Pointe-Noire par exemple où se concentre environs un million d'habitant on trouve juste deux lycées d'enseignement général et un lycée d'enseignement technique. Sur le plan de la qualité et des équipements, les lycées paraissent mieux équipés que les écoles primaires et les collèges; mais on souligne tout de même un manque de laboratoires équipés pour les disciplines scientifiques. Malgré quelques centres de documentation et d'information dans certains établissements urbains, on note un manque cruel des manuels scolaires. Une mauvaise répartition des enseignants entre les villes et les campagnes. Tout ceci entraine une mauvaise qualité de l'enseignement dont les effets se ressentent au niveau des résultats de baccalauréat qui restent, toute série confondues, médiocre dans son ensemble.

 

S'agissant de l'enseignement technique et professionnel, le Congo reste encore à la traine par rapport aux autres pays africains comme le Cameroun par exemple. Car son système éducatif peine à développer cet enseignement malgré les efforts fournis pour son innovation. L'enseignement technique et professionnel qui représente à peine environs cinq pour cent des effectifs total des élèves de l'ensemble du système éducatif congolais a vu toutes les politiques menées jusqu'à présent pour l'innover échouées faute de leur mise en œuvre effective et d'une politique d'évaluation suivie. Notre analyse des tendances actuelles montre plusieurs problèmes dont: l’instabilité et la diversité de tutelle du sous-secteur ; le manque de cadre juridique de certains établissements (École Nationale des Beaux Arts, École Nationale Moyenne d’Administration, Écoles Paramédicales de Brazzaville et d’Owando…); l’état de vétusté avancée des locaux de la majorité des établissements du sous-secteur ; l’insuffisance et le sous-équipement des structures d’accueil par rapport à celles de l’enseignement général (10 lycées techniques contre 28 d’enseignement général en 2001 ) ; la mauvaise qualification des personnels enseignants au regard de l’évolution très rapide des innovations technologiques ; le manque de formation continue des enseignants ; l’absence d’un véritable corps de contrôle et d’encadrement des enseignants du reste insuffisants ; la prédominance des formations diplômantes au détriment des formations qualifiantes d’une part, des formations du tertiaire par rapport aux formations du secondaire d’autre part ; la mauvaise définition des objectifs pédagogiques avec le contenu limité des disciplines d’appui telles que les mathématiques, le français et les sciences physiques, ce qui désavantage les élèves du technique pour l’accès à l’enseignement supérieur ; l’inadaptation des contenus des enseignements face aux innovations technologiques ; l’insuffisance du financement qui revient exclusivement à l'État; l’insuffisance des équipements obsolètes acquis au cours du plan quinquennal 1982-1986 et dont la durée de vie est fortement réduite faute d’une politique d’entretien. Suite à ce constat qui met en évidence le désastre de l'enseignement technique et professionnel en République du Congo, de nouvelles stratégies susceptibles de l'améliorer ont été mis en place. Elles consistent notamment à la création de nouveaux établissements et à la réouverture des anciens établissements qui jusque là sont restés fermer; et l'accent a été mis sur des nouvelles filières (plomberie sanitaire, froid, hôtellerie, coupe-couture, sauvegarde de l’environnement, ébénisterie, charpente, informatique...).

 

Après la nationalisation de l’enseignement en 1965, ce secteur a été de nouveau libéralisé par la loi n° 25/95 du 17 novembre 1995 portant réorganisation du système éducatif en République du Congo. En effet, l’article 1 alinéa 2 de cette loi stipule que le droit de créer les écoles privées est garantie, les écoles privées sont soumises à l’approbation de l'État et régies par la loi. Le décret n° 96-211 du 13 mai 1996 portant réglementation de l’exercice privé de l’enseignement fixe les conditions de création et d’ouverture des établissements scolaires privés, les obligations morales, civiles, sociales, administratives, pédagogiques et financières. L’enseignement privé connaît un essor depuis 1990 mais il ne bénéficie pas encore de subventions de la part de l'État. A Brazzaville cependant, une forme de subvention a commencé à prendre corps. En effet, les écoles reprises par les religieuses ont pour enseignants des fonctionnaires rémunérés par l'État. Avec la mise en place d’une direction chargée du contrôle des établissements scolaires privés au niveau du ministère, la mise en ordre est bien entamée avec l’application des dispositions du décret cité ci-dessus. C’est ainsi qu’on note la rétrocession de quelques écoles appartenant avant la nationalisation à l’église catholique et à l’église protestante dans la commune de Brazzaville, les régions du Niari, de la Lékoumou, de la Bouenza, du Pool, des Plateaux, de la Cuvette et de la Cuvette Ouest. De même, des conventions ont été signées entre le Gouvernement et les églises catholique et kimbanguiste d’une part et entre le Gouvernement et la communauté islamique d’autre part pour la gestion des établissements conventionnés à caractère confessionnel.

 

 

 

b) L'éducation non formelle

 

En République du Congo l’alphabétisation et l’éducation non formelle ont toujours été une préoccupation du Gouvernement et de la société civile bien que la scolarisation soit une priorité affirmée. Il importe de noter dans ce domaine que des progrès significatifs ont été accomplis et des pronostics favorables ont même été avancés. Mais bien après il a été noté qu'il subsiste des difficultés à maîtriser les statistiques de ce sous-secteur pour un bon pilotage à cause des données démographiques obsolètes. Au fil des années, suite à de nombreuses contraintes nées aussi bien des mesures drastiques des politiques d’ajustement structurel, de la dévaluation du franc CFA que des soubresauts consécutifs à l’entrée du pays dans l’ère de la démocratisation politique, tous les espoirs ont été déçus. Le constat devient de plus en plus alarmant chaque jour qui passe on note surtout:

 

 

 

- le dénuement des structures au niveau national et régional ;

 

- le manque des personnels spécialisés et le déficit des animateurs ;

 

- le manque de matériel d’alphabétisation ;

 

- l’absence de subvention pour réaliser les programmes ;

 

- la démobilisation totale des animateurs bénévoles du fait de manque de stimulants en leur faveur ;

 

- la démotivation à apprendre chez les adultes ;

 

- l’indifférence quasi-totale des autorités locales et de la communauté vis à vis de la lutte contre l’analphabétisme, laissant ainsi le département de l’éducation seul à relever cet important défi ;

 

- l’inefficacité des mécanismes de collaboration et de coordination des efforts d’alphabétisation avec d’autres intervenants ;

 

- l’inadaptation des curricula aux contextes nouveaux et l’insuffisance de pertinence des contenus des programmes ;

 

- le cloisonnement et l’isolement des interventions sur le terrain et le déficit de communication entre les différents intervenants;

 

- la faible couverture de l’alphabétisation notamment en zone rurale ;

 

- l’absence d’une stratégie nationale susceptible d’orienter le travail sur le terrain doublée d’une faible mobilisation des ressources .

 

Cette situation a amené le plan d'action national de l'éducation pour tous adopté en 2002 de concentrer ses travaux sur les actions suivantes:

 

1. réduire les taux d’analphabétisme en amont (analphabétisme des jeunes) et en aval (analphabétisme des adultes) ;

 

2. accroître la qualité et la pertinence de l’alphabétisation par l’amélioration de la fonctionnalité des programmes, la production des matériels didactiques adéquats, la formation des formateurs ;

 

3. renforcer la démarche partenariale déjà engagée d’une part, les capacités institutionnelles et les mécanismes de coordination d’autre part.

 

 

 

CONCLUSION

 

 

 

La période post-coloniale marquée par les indépendances a vu émerger une philosophie de démocratisation de l’éducation sur laquelle devait reposer la stratégie africaine de développement. Malheureusement, la fin du 20ème siècle offre à nos pays, des systèmes éducatifs complètement désarticulés en quête d’une nouvelle identité car plusieurs facteurs n’ont pas suivi le rythme de cette

 

démocratisation : il s’agit entre autres du manque des structures d’accueil et des supports pédagogiques, de l’inadéquation formation-emploi, de la déconnexion de l’école avec son milieu Aujourd’hui l’école congolaise se retrouve à la croisée des chemins. Face au dilemme quantité-qualité qui l’aura caractérisé ces dernières décennies, le système éducatif congolais se doit d ‘élaborer de nouvelles stratégies en convergence avec l’instauration d’une paix durable facilitant l’émergence des rapports humanisés dans une économie de plus en plus mondialisée. Pourtant le système éducatif congolais recèle des atouts indéniables perceptibles à travers les innovations mise en œuvre depuis plusieurs années. Potentiellement influencé au cours de la dernière décennie par l’instabilité qui sévit dans la région des grands lacs, le Congo Brazzaville a l’impérieux devoir de contribuer avec le concours des autres états de l’Afrique centrale à la création des ensembles sous régionaux dans toutes les sphères d’activités qui conditionnent leur développement y compris l’éducation et la formation.

 

Par ailleurs, au-delà des considérations socio-économiques, l’école congolaise doit se départir de la vison strictement scolastique et du passage vers le marché de l’emploi dans laquelle elle s’est enfermée au détriment des composantes non formelle et informelle. Or, c’est justement dans la fonction complémentaire que remplissent celles-ci qu’on exploite le substrat moral des cultures traditionnelles qui jusqu’ici fait défaut à l’enseignement formel et dont l’absence contribue à le dénaturer. Ainsi, les programmes d’éducation à la culture de la paix et aux droits de l’homme continueront à chercher leurs racines dans les valeurs positives de nos traditions qui de surcroît, au lieu de s’atrophier, gagneront à se renforcer et à s’incruster dans la mémoire collective de nos nations.

 

Somme toute, vivre ensemble au 21ème siècle suppose l’élaboration et la mise en œuvre des réformes courageuses menées de façon rationnelle à la lumière des engagements de Dakar 2000. Ces réformes doivent s’entourer des précautions qui privilégient une dynamique consensuelle entre tous les partenaires directs et indirects de l’éducation. Cela permettra de ne pas perpétuer comme c’est le cas aujourd’hui, des sociétés entières marginalisées, ce qui est inévitablement à l’origine des tensions sociales.

 

 

 

 

 

DOCUMENTS CONSULTES

 

 

 

1- Cours de Politiques Sociales

 

2- Le développement de l'éducation. Rapport national du Congo, Brazzaville, avril, 2001

 

3- Plan national d'action de l'éducation pour tous, République du Congo, 2002

 

4- Le système éducatif congolais, Diagnostic pour une revitalisation dans un contexte macroéconomique plus favorable, Brazzaville, février, 2007

 

5- « Les nouveaux impératifs socio-éducatifs et la reconstruction nationale post-conflit au Congo-Brazzaville », Claude-Ernest KIAMBA, Colloque international Éducation, Violences, Conflits et Perspectives de Paix en Afrique, Yaoundé, 6 au 10 mars 2006

 

6- Données mondiales de l'éducation, UNESCO, 2010/11

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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